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Mardi 16 juin 2009

Trois employés licenciés chez Leclerc à Ibos ont mis le feu aux poudres. Les manifestations et les retombées médiatiques qui s'ensuivent font le gros de l'actualité sociale tarbaise en ce moment. Puisque tous les regards se tournent vers eux, c'est l'occasion pour les employés de Leclerc de donner leur version des faits et leur analyse, et c'est logiquement que nous pouvons lire, dans la presse ou sur internet, de nombreuses interventions d'employés de Leclerc.

Ces témoignages sont précieux et émouvants. Loin des incantations théâtrales, ils décrivent avec une grande simplicité les conditions de travail, les attentes, les déceptions des travailleurs. Ils ont ces accents de vérité que n'ont pas les grands discours politicaux et syndicaux et pour cela ils forcent le respect. La vie de l'autre côté du miroir apparaît alors sous nos yeux pour ce qu'elle est, avec les relations humaines, la solidarité, la précarité qui dure, les inégalités au sein même du salariat avec cette caissière qui n'a pas été augmentée depuis des lustres et dont la pénibilité d'un travail (qu'on imagine pourtant bien fait) n'est pas reconnue, la détermination à gagner les primes promises pour d'autres...

A Cette justesse dans le ton frappe, tant elle contraste avec ce qui se passe à l'extérieur du magasin : les éructations syndicales ont vite fait de prendre en main les affaires et d'exposer leur point de vue. La brutalité et l'absence d'écoute des employés est telle que ces derniers sont étonnament critiques. Et pour cause : à quoi bon se faire plaisir en jouant le pourrissement, si à la fin les employés en font les frais? Etrange mouvement qui n'est plus à l'écoute de ceux qu'il prétend défendre, mais n'est qu'à l'écoute de lui-même... Mais non, les manifestations réclament des têtes - patronales de préférence!

Ce n'est pas ici que l'on prendra la défense des patrons, mais nous savons aussi faire la différence : s'il y a des patrons immoraux, ceux qui, dans les turbulences de la crise, osent sauter en parachute doré, il y a aussi des patrons qui vivent avec leur boîte, qui se battent et ne dorment plus tant qu'ils ne savent pas comment s'en sortir avec le moins de dégâts possibles. De ceux-là nous savons reconnaître le courage et le mérite.

Alors, dans l'affaire du Leclerc et de ses trois licenciés, nous n'allons pas tout de suite hurler avec les loups, ni jeter en pâture tel ou tel nom de patron sans savoir à l'avance de quelle catégorie il fait partie. Attentifs, nous chercherons d'abord à savoir où est vraiment le scandale : est-il vraiment dans les motifs de licenciement? Est-il dans les conditions de travail au quotidien? Est-il dans la récupération syndicale et dans sa logomachie usée? Réclamons aux employés, à la direction de Leclerc et aux prud'hommes la vérité! Et qu'un syndicalisme libre, puissant et réellement au service des travailleurs voit enfin le jour. Nous l'appelons de nos voeux, et avec force!

Par RDN 65 - Publié dans : Actualités politiques et sociales - Communauté : Pyrénées
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